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Catherine Clamadieu: Comment vous est venue l’idée d’enregistrer ce répertoire ?
David Zouzout : Je voulais enregistrer un programme de concert autour de l’Appassionata de Beethoven, qui en constitue la pièce maîtresse.
CC : Pourquoi parler d’un « jeu de contrastes » ?
DZ : La première partie du récital est introduite par deux chorals de Bach/Busoni, qui invitent à la méditation pour ensuite entraîner l’auditeur au cœur même de l’univers spirituel de Beethoven qu’incarne l’Appassionata. Beethoven exalte ce caractère en y mêlant une émotion intense qui se traduit dans la merveilleuse réflexion de Romain Rolland au sujet de cette sonate: »Un torrent de feu dans un lit de granit ».
CC : En quelque sorte, la méditation aboutit à la tempête de l’âme ?
DZ : C’est la conception de la première partie de ce concert sur disque.
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CC : Le « jeu de contrastes » s’accentue dans la deuxième partie ?
DZ : Oui, après le tumulte et l’exaltation du troisième mouvement de la sonate de Beethoven, la deuxième partie du récital débute sous le signe de la poésie, avec trois mazurkas et la 1ère Ballade de Chopin. Les mazurkas elles-mêmes alternent par leur mouvement : rapide, lent, rapide. La 1ère Ballade nous plonge au plus profond de l’univers de Chopin.
CC : Et vous avez choisi Prokofieff pour conclure votre récital : en quoi s’oppose-t-il particulièrement à Chopin ?
DZ : Prokofieff, indocile et volontiers provocateur, a créé un langage musical très novateur et ses sonates incarnent le combat de l’homme contre la machine. Ce voyage en musique s’achève donc sous le sceau de l’action.
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